01 Mai 2009

CEFOD Revue de presse 20-26avr09

Proposé par admin
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L’attaque des éléments de la Division intégrée de sécurité par des hommes en armes, la morosité de l’économie tchadienne, l’an I du Premier ministre Youssouf Saleh Abbas, le rejet par les députés d’une commission d’enquête parlementaire sur le ministère de la Santé publique, la grève à la faculté de médecine, le bref séjour de Fidel Moungar au Tchad, les états généraux de la presse entre autres ont marqué la presse tchadienne cette semaine.

Division Intégré de sécurité : le baptême de feu

L’Observateur relève qu’après l’attaque du camp du DIS à Farchana le 15 avril 2009 par une bande armée qui a emporté un véhicule, des armes et des munitions ainsi que des objets personnels de ses éléments, le Représentant spécial des Nations Unies au Tchad, Victor Angelo n’a pas minimisé la portée de cette attaque. Selon le diplomate onusien, dans une zone où l’insécurité est monnaie courante, le risque est connu d’avance.

Situation économique morose du Tchad

« La pilule sera amère », prévient l’éditorialiste de N’Djaména bi-hebdo qui nous apprend que la mission du Fonds Monétaire International qui a séjourné pendant deux semaines à N’Djaména, a dressé, dans un communiqué, un constat effarant de la situation économique du Tchad. ‘‘L’évolution macroéconomique au Tchad en 2008 a été caractérisée par la faiblesse de l’activité économique, une forte expansion budgétaire et une hausse de l’inflation. Le PIB réel s’est contracté de 0,2% en raison d’une baisse de la production de l’activité pétrolière à la suite de l’attaque de la capitale par les rebelles en février 2008’’, peut-on lire en extrait. Et le communiqué de poursuivre ‘‘ La bonne tenue des recettes pétrolières a entraîné des augmentations sensibles des dépenses, notamment des dépenses d’équipement, et le déficit primaire hors pétrole a atteint environ 29% du PIB hors pétrole, soit bien plus que son niveau viable à moyen terme qui est inférieur à 5% du PIB hors pétrole’’. Un peu plus loin, on peut lire que le PIB réel hors pétrole devrait progresser de 3% en 2009, porté par les services. Une récolte plus favorable devrait réduire l’inflation à 4%. La baisse des prix pétroliers provoquera une nette détérioration du solde courant de la balance des paiements qui sera financée par une ponction sur les réserves de change. Le communiqué mentionne que dans ce contexte, le gouvernement et la mission ont entamé les entretiens sur un nouveau programme de référence pour la période allant d’avril à octobre 2009. L’élément central de ce programme sera l’élaboration d’un collectif budgétaire pour 2009 compte tenu de la forte baisse des recettes pétrolières en 2009 et du lent redressement des prix du pétrole qui est prévu en 2010 et au-delà.

Les députés repoussent une enquête sur le ministère de la santé

Le quotidien Le Progrès nous apprend que par un vote de 54 voix contre, 22 pour et 16 abstentions, les députés ont rejeté, le mercredi 22 avril 2009, le projet de résolution portant création d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion du ministère de la Santé Publique. Le journal relève que ce rejet a offusqué les députés de l’opposition tel que Saleh Kebzabo qui lors d’une conférence, a déploré que des marchés sont octroyés gré à gré. « Un commerçant a ainsi gagné un marché de plus de 4 milliards Fcfa pour la construction de dispensaires. Un autre a gagné un marché de livraison de médicaments pour 750 millions Fcfa », rapporte le député Kebzabo poursuivant même qu’un brancard et une radio ont été facturés à des centaines de millions. « Des députés ont voulu faire leur travail, mais d’autres refusent. Je ne sais pour quelles raisons refusent-ils un contrôle au ministère de la Santé publique ?’’, se demande le député.

Hypothétique alternance politique au Tchad

L’éditorialiste de Notre Temps écrit que selon les pronostics les plus fiables, Jacob Zuma le leader de l’ANC briguera la magistrature suprême en Afrique du Sud. Ce qu’il faut saluer, souligne-t-il, c’est la volonté des dirigeants sud-africains de jouer la carte de l’alternance. Dans le cas du Tchad, relativise Notre Temps, il faut craindre que Déby ne succède à lui-même pendant longtemps. La question première est liée à la disposition culturelle des clans qui se font la guerre pour une hégémonie nationale. Ainsi poursuit-il, il est exclu que Déby ayant pris le pouvoir par les armes le cède à quiconque. Quant aux autres Tchadiens, rien ne montre qu’ils souhaitent voir partir Déby, tant ils sont amorphes et résignés face à un sort des plus résigné qui ferait réagir n’importe quel autre peuple du monde. Notre Temps estime que la CPDC dont on attendait tant est devenue un instrument de faire-valoir du pouvoir de Déby et l’Accord du 13 août, une coquille vide qui donne l’impression à Desesquelles, l’ambassadeur de l’Union européenne, d’avoir réalisé quelque chose au Tchad, chute le journal.

Série noire à Abéché

Le quotidien Le Progrès s’est livré à un décompte macabre dans la ville d’Abéché. Relevant que Abéché vit son insécurité urbaine, le journal nous apprend que quelques semaines après le légionnaire français qui a abattu quatre personnes, un policier abat un gendarme et un agent de la Société tchadienne d’Eau et d’électricité casse le coup à un homme.

Crise à la Fac de médecine

N’Djaména bi-hebdo est revenu sur la crise qui perdure à la faculté de médecine de N’Djaména, opposant le doyen de ladite faculté, Dr Djadda Atim aux étudiants. Le journal rappelle que 17 étudiants de la 3ème année sont suspendus de stage à la maternité et accusés de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse. Suite à cela, les étudiants ont suspendu les cours depuis un mois et exigent le départ de leur doyen. ‘‘Tant qu’ils n’adressent pas de lettre d’excuse à qui de droit, ils seront toujours suspendus’’, soutient ferme, Dr Djadda.

Le Pr Dabye autorise le défrichement des champs

‘‘Conformément aux textes en vigueur portant réglementation des défrichements anarchiques, tout défrichement des parcelles anciennement exploitées est autorisé (…)’’, tel est un extrait du point de presse du ministre de l’Environnement, repris par Notre Temps. L’hebdo fait remarquer que cette mesure va permettre aux paysans terrorisés par certains agents de la Brigade nationale mobile pour la protection de l’environnement et la lutte contre le braconnage de pouvoir défricher leurs champs. Par ailleurs, ‘‘les défrichements de nouvelles parcelles portant sur une superficie supérieure à 3 ha d’un seul tenant sont soumis à une autorisation du ministre de l’environnement’’, indique le ministre de l’Environnement.

Les 365 jours de Youssouf Saleh Abbas (YSA)

De l’avis de N’Djaména bihebdo, l’an I de YSA à la primature est très éprouvant. Incapable de tenir ses promesses et d’entreprendre les vraies réformes, le Premier ministre présente un bilan mitigé. Notre confrère se demande si comment comprendre qu’en moins de deux décennies de règne, Déby ait déjà utilisé 12 Premiers ministres alors que son voisin Paul Biya en a utilisé à peine la moitié. ‘‘Comment comprendre qu’en dépit d’astronomiques royalties pétrolières, les Tchadiens se vautrent dans les eaux boueuses de la vie chère et l’insécurité ambiante ?’’, qui s’empresse de répondre "la réponse ne viendra pas des bonnes intentions de YSA, mais de la seule volonté de Idriss Déby Itno".

Séjour de Fidel Moungar à N’Djaména

Le Progrès titre en Une que Fidel Moungar prépare la présidentielle. « Je rêve de tout cœur de participer à la présidentielle », annonce le secrétaire général de l’ACTUS, le 17 avril 2009. En attendant souligne le quotidien, l’ex-Premier ministre de la Transition qui croit à l’Accord du 13 août 2007 en vue du renforcement du processus démocratique au Tchad, a profité de l’installation de la cellule de son parti au quartier Walia pour appeler ses militants à se mobiliser.

Bientôt les états généraux de la Communication

‘‘L’heure de l’autocritique a sonné !’’, titre L’Observateur faisant écho de la date de la tenue des états généraux de la presse fixée du 11 au 14 mai 2009 à N’Djaména. Pour le confrère, les états généraux de la communication seront une occasion importante que les professionnels des médias devront saisir pour améliorer leurs conditions de travail et de vie.

Et si tous les Tchadiens devenaient des chefs rebelles !

L’éditorialiste de Le Temps s’insurge contre les chefs rebelles qui regagnent le bercail contre espèces sonnantes et trébuchantes. Offrir un accueil doré à ceux-là qui ont participé à la destruction des milliers de vies humaines n’est autre qu’encourager cette pratique criminelle, déplore-t-il. Au lieu d’offrir à tour de bras, postes de responsabilités, centaines de millions et autres avantages à ceux-là qui ne le méritent pas, Déby a tout intérêt à changer de politique. L’exemple de vérité, justice et réconciliation en pratique dans certains pays du monde serait souhaitable. Accorder une grande faveur à des individus qui ont versé le sang des innocents, paraît une insulte à l’égard des Tchadiens. ‘‘Et si tous les Tchadiens devenaient des chefs rebelles ?’’, chute l’éditorialiste.

Environnement ou effet de mode

De l’analyse de L’Observateur, la lutte pour la protection de la nature étant à la mode, on y adhère par mimétisme ou par pur formalisme. ‘‘La ruée vers Gaoui, où l’on assiste à un défilé de tous les départements ministériels, traduit-elle un sens profond du patriotisme ou ne sommes-nous pas en train de revivre un autre Kalgoua, pour ceux qui se souviennent encore de cette époque-là ?’’, s’interroge l’hebdo. De l’avis du journal, la lutte pour la protection de la nature et de l’environnement doit être prise dans sa dimension globale. Elle ne se limite pas seulement à la plantation des arbres mais aussi à lutter contre la pollution de l’air, des eaux. Il y a un an, rappelle le journal, les ONG locales avaient tiré la sonnette d’alarme sur la pollution dans la région productrice du pétrole où des câbles électriques, des matières plastiques usées, des tuyaux, des morceaux de ferrailles et bien d’autres objets composites, jonchent les sols des paysans. ‘‘Quelles mesures ont-elles été prises par rapport à cela ?’’, se demande-t-il.

Le Palais du gouvernement déménage

Selon le chef de service des bâtiments administratifs du secrétariat général du gouvernement cité par N’Djaména bi-hebdo, ‘’pour des raisons de réfection’’, les locataires du Palais du gouvernement vont être relogés dans l’ancien immeuble de l’UNICEF. Une autre partie sera éparpillée dans les bâtiments qui avaient abrité, pendant un temps, les agents du ministère de l’Enseignement supérieur après les combats de février 2008. Certains agents affirment qu’on leur a donné un délai d’un mois pour vider les lieux. Le journal situe que cette délocalisation provisoire intervient alors qu’il n’y a pas longtemps, la présidence de la République a fait déguerpir de ses alentours les agents de la Douane, du Haut commissariat national au déminage, de même que les services des Nations unies en face de la présidence de la République. ‘’Pour des raisons de sécurité, il ne paraît pas évident que les fonctionnaires du Palais du gouvernement puissent réintégrer leur ancien immeuble’’, estime notre confrère.

 

Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric