Un autre confirme : « On a entendu des tirs à l'arme lourde un peu après 22 heures. On a vu passer des 4X4 surmontés de mitrailleuses au centre-ville ». Peu après minuit, jeudi, des tirs continuaient à être entendus.
Un ultimatum lancé à Gbagbo. L'entrée des forces de Ouattara dans ce port stratégique est intervenue peu après la prise des villes de Soubré et de Gagnoa, située dans la région natale de Laurent Gbagbo. Lancée lundi, la vaste offensive des forces pro-Ouattara avait également permis, mercredi après-midi, d'entrer dans Yamoussoukro, la capitale administrative ivoirienne. Une victoire symbolique, et un revers de taille pour Laurent Gbagbo. Sitôt la capitale tombée, Guillaume Soro, le Premier ministre de Ouattara, a lancé un ultimatum. «M. Gbagbo a encore quelques heures pour partir, sinon ce sera la marche sur Abidjan. Et ce sera beaucoup plus compliqué pour lui», a-t-il averti sur France 24. Depuis le début de leur offensive, d'importantes villes comme Abengourou, Bondoukou, Duékoué et Daloa étaient tombés aux mains des pro-Ouattara.
Les exportateurs de cacao sous la menace. L'offensive n'est pas seulement militaire, elle touche également l'économie du pays. Alassane Ouattara a menacé ce mercredi «tout exportateur (de cacao, ndlr) qui paierait des taxes aux autorités illégitimes incarnées par Laurent Gbagbo ou qui collaborerait d’une façon ou d’une autre avec elles». «Son agrément lui sera retiré» et «il sera interdit de toute activité sur le territoire national», indique un communiqué officiel. Il fera, en outre, «l’objet de poursuites auprès des juridictions nationales et internationales».
Plus de 400 000 tonnes de cacao sont théoriquement bloquées depuis l'appel lancé fin janvier par le camp Ouattara à cesser les exportations pour asphyxier économiquement son rival.
Sanctions de l'ONU contre le clan Gbagbo. En quatre mois, Laurent Gbagbo n'a jamais été aussi isolé et son discours à la nation, prévu mercredi soir, a été reporté sans explication. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Conseil de sécurité de l'ONU a par ailleurs sanctionné le président sortant et exigé son départ. La résolution 1975 votée cette nuit impose «des sanctions ciblées» contre cinq personnes, y compris le président ivoirien sortant, qui refuse de céder sa place à son rival reconnu par la communauté internationale, et sa femme Simone. Leurs avoirs sont gelés et ils sont interdits de voyager.
Cette résolution «exhorte» Laurent Gbagbo «à se retirer immédiatement» au profit d'Alassane Ouattara. Le Conseil de sécurité apporte également son «entier soutien» aux forces de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) pour utiliser «toutes les mesures nécessaires» pour assurer leur mandat qui est de protéger les civils et d'empêcher l'utilisation d'armes lourdes contre les population.
Une voiture de l'ambassade française visée à Abidjan. Le vote de la résolution de l'ONU intervient notamment après qu'une voiture d'escorte de l'ambassadeur de France a essuyé des tirs des forces spéciales soumises à l'autorité du président sortant, à Abidjan. Un acte qualifié «d'inadmissible» par le Quai d'Orsay. Selon des sources diplomatiques, deux gendarmes qui étaient à bord du véhicule ont été légèrement blessés, dont l'un au bras.
L'appel à l'aide d'Amnesty International. Au moins 10 000 civils se sont réfugiés dans la mission catholique de Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, après avoir fui les récents combats dans ce carrefour stratégique désormais contrôlé par les forces d'Alassane Ouattara, selon Amnesty International. La Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) «doit, de toute urgence, protéger ces milliers de personnes», a souligné l'ONG. Il faut que «les forces de maintien de la paix» agissent «immédiatement afin d'éviter de nouvelles effusions de sang», a insisté Amnesty.
http://www.leparisien.fr/crise-cote-d-ivoire/cote-d-ivoire-les-pro-ouattara-ont-pris-le-port-de-san-pedro-30-03-2011-1385427.php




